Le massage thérapeutique Thaï

  

Exposé en termes simples, le but essentiel du massage thérapeutique thaïlandais est d'obtenir ou rétablir, dans le corps, un harmonieux flux d'énergie (chi, Qi, prana). Il agit sur les fascias superficiels et profonds, les ligaments, les articulations, le tissu conjonctif, de même qu'il s'adresse à l'ensemble de l'organisme, notamment au système nerveux, ainsi qu'aux appareils digestif et respiratoire. 

Ses effets curatifs et apaisants sur le corps méta-sensible s'étendent au corps physique :
il favorise l'évacuation de l'énergie excédentaire tout en le dynamisant, contribue à entretenir le bien-être et à créer les conditions propices à l'inversion des processus pathologiques dégénératifs.

Cette discipline fort ancienne est en rapport étroit avec l'ayurvéda indien, le yoga, la 
médecine chinoise traditionnelle et le shiatsu japonais. La fluidité dans l'exécution des mouvements, les nombreuses séries posturales qu'elle comporte - analogues à celles du yoga (asana) - rappellent fortement le yoga Astanga Vinyasa, de même que les "Sen", voies énergétiques sur lesquelles elle est fondée, évoquent à s'y méprendre celles des méridiens  de l'acupuncture, à ceci près que, d'origine indienne, elles épousent en général le modelé naturel du corps au lieu de suivre un trajet profond desservant les organes internes.



 Les fondements du massage thérapeutique thaïlandais résident dans le bouddhisme.

Quand celui-ci s'étendit de l'Inde à l'Asie entière, les moines transposèrent leurs pratiques médicales, alors intégrées à leurs conceptions métaphysiques, ce qui fut le cas de la Thaïlande (auparavant appelé Siam) au III ème siècle AV. J.C. là ou s'édifièrent des temples, des dispensaires les jouxtèrent, si bien que religion et médecine fusionnèrent : massage et autres méthodes furent enseignés dans les monastères et appliqués dans les familles.  

C'est ainsi  que s’amorcèrent deux traditions, l'une  écrite, l'autre orale. La première est consignée dans les textes antiques pâli (langue apparentée au sanscrit), manuels pédagogiques destinés à la formation médicale des moines et conservés avec les écrits sacrés des temples. Mais en 1776, la Birmanie  envahit la Thaïlande, et furent détruits en majeure partie. Les manuscrits, sauvés par le roi Rama III, qui les recueillit, furent gravés sur des plaques de pierre, encore  visibles de nos jours, scellés dans les murs du temple Phra Chetaphon, couramment appelé Wat Po à Bangkok.
La seconde tradition s'est transmise oralement dans les familles de génération en génération. C'est grâce à cette tradition populaire que l'existence du massage thérapeutique thaïlandais se pérénisa et sans laquelle aurait probablement disparue avec la destruction des textes médicaux. 


Le massage thérapeutique thaïlandais aujourd'hui 
- L'arrivée de la médecine occidentale en Thaïlande entraina la mise à l'écart de cette discipline. Les temples perdirent peu à peu leurs fonctions de centres où se dispensait l'enseignement, où on soignait et, en fait, leur rôle social. 
A présent, on comble cette lacune. En effet, le coût élevé de la médecine occidentale a provoqué sa renaissance, surtout dans les zones rurales où l'accès aux hôpitaux est des plus restreint. 
Aujourd'hui, on fait appelle à lui aussi bien à titre curatif que préventif, ainsi que pour entretenir un bon état de santé général. Il est enseigné dans tout le pays par des maîtres, et des écoles dont les plus connues, notamment des occidentaux, sont celles installés dans Wat Po à Bangkok, et à Chiang Mai.

Lâcher prise
Aujourd'hui, dans notre société, la plupart des gens actifs n'accordent pas à leurs corps le répit dont ils auraient besoin pour se détendre efficacement, le sollicitant trop et en permanence, raison pour laquelle ils consomment alcool, tabac, somnifère, décontracturant et autres médicaments pour se relaxer ou simplement dormir. 
Le massage thérapeutique thaïlandais corrige ce déséquilibre en permettant le "lâcher-prise".
Maints sujet des deux sexes - même les sportifs confirmés - n'y parviennent pas, au nom du sacro-saint "il faut tenir", d'où respiration superficielle, contractures musculaires et schémas de pensées rigides. Le thérapeute rétablit une respiration correcte, fait exécuter des balancements et, par un touché adéquat, "donne la permission", créant alors les conditions du lâcher-prise. Le traitement se poursuit jusqu'à ce que, à la faveur d'étirements et d'allongements musculaires doux - mais prononcés - d'une part, et d'un long déliement des articulations nouées - genoux, chevilles, poignets et cou - d'autre part, cette "prise" se relâche.
Emotions et schémas de crispation siégeant à hauteur du hara sont progressivement déstructurés, résolus et évacués. Intestins (côlon, grêle), estomac, foie, reins, diaphragme et poumons sont soulagés, car le corps entier vit alors le bien être né d'harmonieux rapports énergétiques (chi) entre organes sur le plan fonctionnel, à l'occasion d'un seul traitement ou de séances régulières.
Si le patient, détendu et réceptif, évacue les tentions quotidiennes, il connait une évolution plus profonde et plus positive. En effet, le massage thérapeutique thaïlandais va plus loin :
empathie et soin attentionnés aidant, il permet à l'organisme de se ré-unifier en un instaurant l'harmonie entre corps physique et esprit. Tous les organismes se ré-unifient et parmi les nombreux états pathologique qu'il traite efficacement, citons les suivants:
dorsalgies, sciatique, douleurs menstruelles, troubles circulatoires, respiratoires, raideur et piètre mobilité.

Temple de Wat Po à bangkok (Thaïlande)

 Rééquilibrer

Corriger le déséquilibre entre côtés droit et gauche du corps est essentiel. Ainsi, combien d'entre nous se tiennent debout en s'appuyant plus sur une jambe que l'autre?
portez vous toujours les charges lourdes du même côté? 
Avez vous  essayé de vous brosser les dents ou de rédiger une lettre de l'autre main?
L'effet de ce déséquilibre se répercute le long de la colonne vertébrale et perturbe celui de la latéralité jusqu'aux extrémités des orteils et des doigts, la base du crâne, ainsi que l'harmonie fonctionnelle des mécanismes régis par les hémisphère cérébraux gauche et droit, trouble aux quels remédie le massage thérapeutique thaïlandais.

Une thérapie globale
Même si des séances régulières sont espacées cette discipline, qui propose une stratégie curative globale, procure de nombreux bienfaits. Tous les systèmes et appareils organiques (ex: nerveux, respiratoire) sont concernés aussi bien que l'objectif initial soit la relaxation, souplesse, meilleure circulation, efficacité fonctionnelle et équilibre psychologique induits en son les retombés positives. A cet égard on peut la considérer comme "l'occasion à ne pas manquer". Si on lui associe d'autres éléments contribuant à une bonne santé, comme le régime alimentaire et un mode de vie sain, on se construit très aisément un gros capital santé. 



  

 Extrait du livre "NUAD BORAN" de Charles Breger      

 

 


 

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